Grève générale de ce 30 janvier : les indépendants et PME considèrent que les syndicats se trompent de cible !
Dans la conjoncture sociale et économique actuelle, le Syndicat des Indépendants & des PME (SDI) juge les actions de grève prévues ce lundi non seulement déplacées mais aussi irresponsables. La fédération appelle vivement les syndicats à faire en sorte que ces actions se déroulent dans les meilleures conditions possibles, sans blocage ni violence, qu’elle soit verbale ou physique.
Pour le SDI, cette grève est déplacée car elle ne changera rien, si ce n’est nuire une nouvelle fois à l'image de notre pays. Elle est aussi irresponsable parce qu’elle pénalise inutilement notre économie déjà touchée par la récession et les mesures d’austérité qui concernent toutes les catégories de la population, indépendants et entreprises compris.
« Les entreprises ne sont pas des ennemies »
Si le SDI peut comprendre - et partage même - le mécontentement des syndicats face à l’absence de concertation du gouvernement, ils se trompent cependant de cible et emploient la mauvaise méthode. S’ils ne sont pas d'accord avec la politique du gouvernement, c'est contre celui-ci et lui seul qu'ils doivent protester, au lieu de bloquer nos acteurs économiques.
Les entreprises ne sont pas les ennemies des syndicats. Ce sont elles qui offrent de l'emploi et s'efforcent de maintenir l'économie sur les rails. Par ailleurs, nombre de consommateurs seront également préjudiciés injustement, eux qui ne pourront effectuer leurs achats hebdomadaires en raison des piquets de grève et qui ne seront pas payés pour avoir été empêchés de travailler par des grévistes pourtant minoritaires.
« Une infime minorité de la population ne peut bloquer un pays entier »
Le SDI rappelle en effet qu’à peine 21% des Belges, soit 1 sur 5, soutiennent la grève de ce lundi, selon un sondage réalisé mercredi par le bureau d'études Profacts. Bien plus, selon ce sondage, 89% des Belges, soit 9 personnes sur 10, ne participeront aucunement aux actions prévues !
Pour le SDI, qu’une minorité de la population ne veuille pas travailler est une chose, mais qu’elle empêche de surcroît la majorité de la population de se rendre au travail pour faire tourner le pays est un comportement inadmissible.
En déclenchant ce nouveau mouvement de grève, les syndicats vont handicaper le redressement de l'économie du pays et nuiront à la création d'emplois. En outre, la répétition incessante des actions syndicales décourage les entrepreneurs et éloigne les investisseurs et candidats investisseurs.
Pour le SDI, entretenir un tel climat social délétère dans la conjoncture actuelle frise l'inconscience !
« Les piquets de grève n’ont pas le droit d’empêcher l’accès des non grévistes à leur lieu de travail »
Par ailleurs, le SDI entend rappeler que le droit de grève n'est pas absolu et ne permet pas tout. A défaut de définition légale, la jurisprudence considère que le droit de faire grève, c’est celui de ne pas travailler. S’il est permis aux syndicats d’organiser des piquets devant une entreprise pour donner de l'information aux travailleurs et essayer de les convaincre de rejoindre le mouvement, il ne leur est pas autorisé d’empêcher les autres de travailler !
Les grévistes doivent savoir qu’ils ne peuvent donc pas empêcher les entrées et sorties des personnes et des véhicules. Ils n’ont pas le droit de bloquer les routes d'accès aux entreprises et aux zonings industriels. Un employeur confronté à de telles pratiques est en droit d’intenter une action judiciaire en référé pour demander la levée des barrages routiers.
« Le droit au travail doit être respecté ! »
A ce sujet, le SDI rappelle que ce jeudi à la Chambre, le Premier Ministre Elio Di Rupo a expressément chargé la police, qu’elle soit communale ou fédérale, d’intervenir pour faire respecter le droit au travail et déloger les piquets de grève qui empêcheraient l’accès des non grévistes à leur lieu de travail.
Le Premier Ministre a précisé également que « si le droit à la grève est un droit fondamental, le droit au travail et le droit à la mobilité le sont aussi » et que « les piquets de grève volants n’ont plus rien à voir avec le droit éthique de faire la grève ».
Le SDI appelle tout indépendant ou entreprise bloqué à faire appel aux services de police pour faire lever les barrages.
Pour éviter ce genre de situation, le SDI appelle vivement les syndicats à faire en sorte que la grève générale prévue lundi se déroule dans les meilleures conditions possibles, sans blocage ni violence, qu’elle soit verbale ou physique.
« Un service minimum doit être instauré dans les services publics »
Enfin, face à l’annonce des syndicats que l’ensemble des transports publics seront soit à l’arrêt, soit fortement perturbés, le SDI réclame haut et fort l’instauration d'un service minimum dans les services publics. Les indépendants et les entreprises sont d’ailleurs loin d’être seuls à le souhaiter puisque, toujours selon le sondage réalisé par Profacts, les Belges sont en grande majorité favorables à l'instauration d'un service minimum dans les hôpitaux (84%), à la police (79%) et dans les transports publics (73%).
Daniel Cauwel
Président

