Pourquoi les indépendants wallons sont-ils plus pauvres ?

Force est de constater qu’en Wallonie, les indépendants ne sont pas considérés comme digne d’une politique de soutien à part entière ! Au fur et à mesure des législatures, le SDI a vu fondre comme neige au soleil, les principaux dispositifs d’aides et de soutien régionaux aux indépendants.  Le résultat est qu’à l’heure actuelle, les aides wallonnes pour un indépendant en activité sont réduites à peau de chagrin !  Point n’est besoin de s’étonner de voir une pauvreté grandissante parmi la population des indépendants wallons et francophones.

Il ressort d’une réponse à une question parlementaire du Ministre des Indépendants Willy Borsus que le nombre de dispense de cotisations sociales adressées en français est trois fois supérieur à celui en néerlandais.  Quelque 10.457 demandes de dispense de cotisations sociales ont été introduites pour une activité d’indépendant en français contre 4.068 pour une activité en néerlandais.  Ces chiffres sont d’autant plus impressionnants que les indépendants flamands sont trois fois plus nombreux que les indépendants francophones.

Certains justifient cet état de fait par le fait que les indépendants francophones sont dans une pauvreté plus importante que les flamands.  Le SDI répondra que cette explication n’en est pas une !

La véritable question à se poser est : quelles sont les raisons de la moins bonne santé économique des indépendants francophones.  Pour le SDI, une première réponse réside dans l’absence totale au niveau régional wallon de prise en compte du sort des indépendants et de véritable politique de soutien.

Toutes les mesures régionales qui étaient destinées à soulager les indépendants ont été au court des dernières années successivement rabotées puis supprimées.

On pensera à l’indemnité octroyée aux indépendants victimes de nuisances suite à des travaux publics qui a été supprimée suite à la régionalisation du fonds de participation, on pensera à la suppression de la fameuse prime à l’emploi que pouvaient obtenir les PME (de moins de 10 personnes) qui engagent et qui rencontrait un succès grandissant puisqu’en 2015, 3.795 primes de ce type avaient été octroyées, on pensera au plan airbag qui va être réformé au bénéfice des demandeurs d’emploi au détriment du public initial des indépendants complémentaires,  on pensera à la réforme des aides à l’emploi qui sous prétexte de rationalisation suite à la 6ième réforme de l’Etat visera à drastiquement réduire le dispositif, on pensera aux bourses de préactivité, aux bourses à l’innovation, aux primes e-business…  et à toutes ces « petites » primes à l’entreprise qui ont disparu au 31 décembre 2016 mais pour être remplacées par quoi ?

D’un autre côté, des économistes ont jugés "décevants" les résultats du plan Marshall. En effet, après douze ans, les principaux indicateurs wallons n'ont guère bougé. Le taux d'emploi a progressé de 55,4 % à 56,9 %, ce qui est faible. L'écart de production de richesse (PIB) avec la Flandre ne se comble pas, au contraire. Depuis cinq ans, la croissance est à nouveau supérieure au nord par rapport au sud. Le PIB par habitant était à 89 % de la moyenne européenne en 2003 ; il est à 86 % !

Le SDI ira plus loin en jugeant que le plan Marshal n’a aucun impact sur les PME classiques. Peu de PME wallonnes hormis les secteurs de pointe visés par le Plan sont impactés. Alors que des secteurs comme les services auraient bien besoin d’un grand coup de pouce !

 

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