Le SDI réclame une attention particulière aux jeunes indépendants !

La Commissaire européenne à l’Emploi et aux Affaires sociales, Marianne Thyssen, présentait lundi son rapport 2017 sur l’emploi et la situation sociale en Europe.  Elle souligne que les jeunes bénéficient moins de l’amélioration du niveau de vie en Europe.  La fragilité des jeunes sur le marché de l’emploi est encore plus inquiétante auprès des indépendants.  Parmi les indépendants, les jeunes de 25 à 39 ans ont plus de risques de subir la pauvreté que leurs aînés. La  Belgique fait partie des six pays européens où les jeunes entrepreneurs sont plus exposés au risque de pauvreté que les indépendants plus âgés.

A l’occasion de ce rapport, le SDI réclame une attention particulière aux jeunes indépendants et notamment la mise en place d’un régime d’auto-entreprise qui permette de ne payer des cotisations sociales de démarrage qu’en fonction du revenu généré et non plus calculées sur un revenu minimum de 13.296,25€ alors qu’ils gagnent souvent moins les premières années.

Un  indépendant pauvre est une personne active qui appartient à un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.   Ce seuil équivaut pour une personne isolée à 13.377 euros par an, soit 1.115 euros par mois. Et pour un ménage à 2.341 euros par mois.

En Belgique, on estime que les indépendants pauvres sont 190.000 soit près de 18 % de la population des indépendants.  Parmi cette population, les jeunes indépendants sont tristement représentés puisqu’ils représentent un tiers des indépendants en situation de précarité soit 65.000 jeunes indépendants qui ont du mal à joindre les deux bouts.  Les revenus sont répartis de manière très inégale parmi les indépendants puisque 80% des indépendants se partagent 40% des revenus.  Autrement dit, un groupe très limité d'indépendants est très bien nanti alors qu’un groupe nettement plus important vit dans la précarité.

Les indépendants sont soumis à un risque de pauvreté plus important que les autres couches de la population et particulièrement très supérieur à celui encouru par les salariés.  Aussi sont-ils plus nombreux  (en part relative) à être pauvres.

Il reste qu’appréhender le niveau de vie des indépendants est assez difficile.  Les bénéfices annuels de certains travailleurs indépendants sont exposés à certains aléas et sont donc susceptibles d’être à titre exceptionnel proche de zéro pour un exercice ce qui ne reflètera pas la réalité de la situation de l’entrepreneur.  Mais il reste qu’au total, les indépendants représentent plus du quart des travailleurs pauvres.

La plupart des indépendants à faible niveau de vie travaillent depuis moins de 5 ans dans leur établissement, il s’agit donc principalement de créateurs ou de repreneurs d’entreprises et  ils sont généralement jeunes et se situent principalement dans la tranche d’âge des 25 à 39 ans.

Le taux de pauvreté des indépendants est le plus important chez les agriculteurs, les artisans et les commerçants.

Les jeunes indépendants ont des difficultés à vivre dans un logement convenable et à boucler leurs fins de mois.  Ils ont des découverts bancaires réguliers et ont du mal à payer leurs factures à temps et/ou leurs impôts.  Ils sont concernés par au moins un retard de paiement.

Les difficultés pointées par les jeunes indépendants sont principalement un manque de préparation, des difficultés de gestion et surtout une inadéquation du statut des indépendants au démarrage d’entreprise.

C’est principalement cet écueil que le SDI souhaite dénoncer. Actuellement, un jeune indépendant qui démarre son activité doit non seulement chercher un crédit bancaire de démarrage qu’il devra rembourser tout de suite, payer un loyer commercial parfois très élevé selon la surface, payer son stock de fournitures et surtout payer des cotisations sociales provisoires basée sur un revenu minimum 13.296,25€ soit une cotisation légale minimum de 708,35€ par trimestre alors que ses revenus peuvent être bien inférieurs à ce montant et que les charges de démarrage font généralement que l’entièreté des revenus générés sont absorbés par l’activité.

Contraindre un jeune indépendant au paiement d’une cotisation légale provisoire d’un montant déterminé a pour conséquence bien souvent une asphyxie dès les premiers mois du démarrage.  Asphyxie accélérée par le fait qu’il n’est désormais plus possible d’introduire une demande de dispense de cotisations sociales pour un starter avant le cinquième trimestre d’affiliation.

Le SDI réclame un statut d’auto entrepreneur qui autorise à ce que les cotisations sociales soit calculées en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d'affaires ou au montant des recettes réellement encaissé et s'il est nul, de ne payer aucune cotisation.  Régime qui serait beaucoup  plus adapté au statut de starter d’entreprise et qui boosterait l’entrepreneuriat en Belgique. Ce régime viendrait s’ajouter au régime de la franchise TVA applicable aux petites entreprises.

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