9,15 milliards d'euros perdus en 2010 : toujours plus de factures impayées !

Les résultats de la grande enquête « European Payment Index 2011 » montrent à quel point, en Belgique, il reste difficile d'obtenir un paiement en temps voulu : à peine la moitié de toutes les factures du pays sont payées au terme convenu.

L’édition 2011 de l'European Payment Index (EPI), une vaste enquête annuelle conduite par Intrum Justitia relativement aux paiements, aux risques et à la confiance des entreprises, a vu interroger près de 6.000 entreprises dans 25 pays d'Europe, dont la Belgique.

Les entreprises belges expliquent les retards de paiement actuels par plusieurs facteurs. 82% des participants à l'enquête justifient les retards de paiement par les difficultés financières du débiteur. Pour 64% des répondants, le fait de traîner est purement intentionnel, tandis que 45% l'expliquent par un litige commercial. Il est frappant de constater que 69% des personnes interrogées reconnaissent que les retards de paiement trouvent leur cause dans l'inefficacité administrative ou tout simplement dans une forme d'insouciance face à cette situation.

Pour notre pays, en 2010, le montant total des factures non payées a atteint 9,15 milliards d'euros. Ici encore, on note une progression de 2,5% à 2,6%.

Les effets de la crise économique

Les mauvaises nouvelles sont à trouver dans le net ralentissement des paiements des consommateurs belges (+33%). Guy Colpaert, Managing Director Intrum Justitia Belgique: "Les effets de la crise économique se font encore sentir pour un grand nombre de consommateurs. Nous le constatons aussi par d'autres signes comme le nombre record de règlements collectifs de dettes en 2010". Les consommateurs belges attendent en moyenne 39 jours avant de payer une facture (4 jours de plus qu'en 2010), c'est 16 jours de plus que le délai de paiement autorisé et qui, en moyenne, est de 23 jours.

La bonne nouvelle, par contre, vient des entreprises et des pouvoirs publics, qui respectent mieux les délais de paiement qu'en 2010. Les pouvoirs publics restent certes les plus mauvais élèves de la classe avec un temps d'attente moyen de 72 jours avant d'effectuer un paiement, mais on constate que ce retard s'est réduit de 4 jours par rapport à  2010. "En dépit d'une évolution positive dans le chef des pouvoirs publics, il reste encore beaucoup de chemin à accomplir pour améliorer sensiblement les délais de paiement, indique Guy Colpaert. Ceci exigera une attention accrue et une importante simplification des procédures administratives".

Transposer la directive sur les retards de paiements

"La directive européenne sur les retards de paiement, qui vise à remettre les pouvoirs publics et les entreprises sur le bon chemin en cette matière, constitue clairement un pas positif en faveur d'un assainissement des marchés économiques et une mesure souhaitable pour la protection des PME. Suite à l'approbation de cette directive au début de l'année, la Belgique dispose maintenant de deux ans pour la transposer en loi nationale. Mais elle a besoin pour cela d'un gouvernement fédéral", précise Guy Colpaert. "Sans gouvernement, la directive ne peut être mise en application. Dans l'intervalle, nos entreprises continuent à payer le prix fort face aux comportements inappropriés des pouvoirs publics, des entreprises et des consommateurs."

L'EPI 2011 montre que la nouvelle directive est connue par à peine 35% des répondants. 41% de ceux-ci jugent qu'une telle législation constitue un moyen de pression supplémentaire pour amener les débiteurs à payer à temps.

Eduquer les consommateurs

Pour amener les consommateurs à revoir positivement leurs mauvaises habitudes de paiement, il faut cependant bien plus que des initiatives législatives. Parallèlement à une économie prospère avec un taux d'emploi élevé et des revenus décents, la sensibilisation et l'éducation, tant à l'école que dans le cercle familial, constituent un élément essentiel. Dès le plus jeune âge, une attention particulière devrait être accordée à l'utilisation de l'argent et à la notion de crédit. Les consommateurs doivent être conscients et prudents quant à leurs dépenses en matière de télécommunication, d'énergie, de soins de santé et de biens de consommation. La situation est surtout précaire quand ces dépenses sont réalisées à crédit. "Nous devons donc beaucoup plus travailler sur l'aspect prévention que sur la mise au point de formules de règlements collectifs de dettes" conclut Guy Colpaert.

Quelques chiffres…

  • Le nombre de factures jamais acquittées en Belgique est passé de 2,5% en 2009 à 2,6% in 2010. Au total, cela signifie que les entreprises belges ont perdu l'année dernière 9,15 milliards d'euros, qui leur étaient dus.
  • Les consommateurs belges ont attendu en moyenne 39 jours pour payer leurs factures (4 jours de plus qu'en 2010). Les entreprises et les pouvoirs publics ont été un peu plus prompts que par le passé et n'ont plus attendu respectivement que 50 jours (contre 52 en 2010) et 72 jours (contre 76 en 2010).
  • 55% des chefs d'entreprises belges ont attendu 105 jours avant de requérir l'aide de professionnels pour enfin obtenir le paiement escompté.



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